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ARCHIVES | 2006 | MUSIQUE | PICASTRO


Biographie

"Picastro a commencé il y a longtemps, en 1997 en fait. Juste une guitare et un violoncelle pendant pas mal de temps. Stephanie Vittas (violoncelle) et Kurt Newman (guitare) étaient les premiers membres. Le groupe produisait le meilleur et le pire. Je vomissais avant chaque concert. Cette période me manque.

Un certain nombres de personnes s'en sont venues et allées, notamment tous les membres du groupe Pecola de Toronto (toujours un des meilleurs groupes qu'il m'a été donné de voir). Zak de Pecola est toujours là. Evan Clarke (Rockets Red Glare, Burn Rome in a Dream, the Jim Guthrie band) nous a rejoints en 2000. Puis Rachel McBride est arrivée, au violoncelle. Et Owen Pallett au violon. Maintenant Owen s'occupe de Final Fantasy. Rachel fait des études. Alex a joué du violon, et maintenant Nick est au violoncelle. Vous suivez?

 

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Nos enregistrements. Il y a cette contribution à Badaboom Grammaphone #4 (la chanson russe 'Ochi Chorni' en 2001). Greg Weeks est aussi dessus, ainsi que Six Organs Of Admittance. Avant ça, 'Gidali', une vielle chanson de Picastro, apparaissait sur Eye of the Beholder vol. 1 (Tract Records). En 2005, 'Towtruck', une collaboration avec Dwayne Sodahberk était sur Wiretapper 13 (l'édition de juin 2004 du magazine Wire) et 'Shorter Hard' figurait sur Comes with a Smile, vol. 19.

Nous avons sorti 'Red Your Blues', notre premier album, sur Pehr en 2002. On a beaucoup tourné, rencontré pas mal de bons groupes, joué dans des festivals, des émissions radio, etc. Monotreme a sorti l'album en 2004 en Europe.

 

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Le deuxième album, 'Metal Cares' est sorti sur Polyvinyl et Monotreme en Europe en 2005. Trois des chansons ont été enregistrées à la maison, et l'une d'entre elles est une chanson russe que je jouais au piano depuis des années et que j'ai finalement enregistrée. Sur un des morceaux, on entend mon ami Dwayne Sodahberk, qui a sorti des albums sur Tigerbeat 6. J'ai aussi un peu joué avec lui pour des chansons qui seront sur son prochain album." - Liz Hysen

Une tournée de plus en Europe cette année, et cette fois-ci ils s'arrêtent aussi en Belgique. Ne les ratez pas au Rhâââ Lovely Festival !

 

Discographie

-) 2004 : 'Red Your Blues' sur Monotreme.

Ce qu'en pense Derives :

Picastro n’est pas un gentil groupe slowcore de plus même si quelques fractions de chanson pouvaient le laisser penser. Il y a au contraire quelque chose de sauvage, dangereux et fascinant qui glisse sous la glace et menace à tout moment de nous engloutir.

La fascination de la songwriteuse Liz Hysen pour US Maple, Diamanda Galas, Arvo Pärt, Gavin Bryars ou Dead C, entre autres n’étant pas là pour éclaircir l’atmosphère même si celle-ci reste toujours abordable au-delà de son désespoir rémanent.

‘Red your blues’ est le premier album de Picastro, projet de six ans d’âge, installé à Toronto au Canada autour de la personnalité centrale de Liz Hysen. Bizarrement ça sort sur le label de Los Angeles, Pehr. Etrange qu’il n’aient pas trouvé chaussure à leur pied localement.

Au petit jeu des comparaisons, ‘Red Your Blues’ se dessine avec bonheur, quelque part entre Rodan et Sonora Pine, le mystère du premier, la subtilité des seconds. On pense aussi au premier album de Movietone, sans les coups de grisou ou à un archipel intermédiaire entre ceux de Victory at Sea et de Molasses.

‘Red your blues’ n’est pas un album très lumineux, mais pour autant pas obscur, c’est plutôt des lumières tamisées de l’automne dont il est question ici, les jours qui déclinent, les feuilles qui s’amassent sur le sol et pourrissent doucement, une certain mal-être latent mais rendu vivant par la tension qui le combat.

Un quatuor qui joue une musique particulièrement intriquée, comme un seul homme, avec Liz Hysen au chant, violon et à la guitare acoustique, Zak Hanna à la guitare électrique, Evan Clarke à la batterie et Stephanie Vittas au violoncelle.

Il faut reconnaître que ‘Red Your blues’ n’est pas un disque pour tout le monde car difficile d’accès, il faut de multiples écoutes pour commencer à avoir des repères, il faut tendre l’oreille pour saisir les passages touchants et laisser la braise prendre peu à peu. Toutefois cette démarche ne sombre pas dans l’élitisme car le groupe a gardé le naturel comme mot d’ordre et le chant chuchoté et troublant de Liz Hysen, quelque part entre Julie Doiron et Kate Wright, la nuit tombée, nous sert d’idéal fil d’Ariane, sans parler de quelques superbes entrelacs dynamiques entre guitares et batterie. [...]

‘Red your blues’ est un disque qui doit être pris comme un tout, comme un voyage intérieur à deux doigts de la dépression, donc chaque morceau joue le rôle de puzzle. On réalise alors que Picastro est probablement une trouvaille énorme, un champ dans lequel sommeillent encore de nombreuses graines magiques et on espère que Liz Hysen aura très vite l’impulsion de donner suite à ce premier album remarquable.

Didier - site.

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-) 2005 : 'Metal Cares' sur Monotreme.

Ce qu'en pense Pop News :

Vous marchez dans la forêt à la tombée de la nuit. Ou plutôt non. Dans un bois clairsemé. Une fin d’après-midi d’automne. Vous marchez sur des branches et des feuilles mortes. Et vous vous laissez surprendre par l’obscurité naissante, que jette sur vos pas la frondaison agonisante. C’est là, de derrière un arbre maigre, que devrait jaillir la silhouette fantomatique de Liz Hysen, ou du moins son timbre si particulier, véritable empreinte d'un groupe à l'attrait aussi sûr qu'inquiétant.

Car Picastro est une maléfique et envoûtante apparition, dont la glaçante émanation vocale, celle de sa chanteuse, a d’indéniables vertus évocatrices. Cette voix n’en est d’ailleurs pas une. C’est un voile plus qu’une voix, négligemment posé sur des chansons aussi décharnées qu’il est blanc et usé lui-même. Autour de cette absence indescriptible et irremplaçable gravitent alors les morceaux. Taillées à coups de lames de rasoir dans un folk moribond, les chansons de Picastro doivent leur énergie des derniers jours à une batterie lourde et désespérée, qui semble cracher son dernier souffle à chaque coup de baguette. Au premier plan, guitare cristalline et violon se querellent en une lutte fratricide sans fin, arbitrée de loin par un violoncelle grave et triste. C'est à la limite de la dissonance qu'a grandi ce petit monde désenchanté. C'est d'ailleurs quand il est le plus déroutant qu'il ensorcelle le plus. Et pour cause. La musique de Picastro est proprement celle qui se trouve en dehors de la route. Elle pousse dans les broussailles et les ronces, dans les sentiers humides. Dans les paysages déprimés, elle prend racine. Et comme tout périple en dehors des sentiers battus, "Metal Cares" comprend sa part d'angoissant, de pénible, de désagréable. Egarée quelque part dans une terre en friche entre le folk et le post-rock (le groupe a eu la bonne idée d'être Canadien), auquel elle emprunte sa lenteur contemplative et sa violence insinuée, la musique de Picastro sonne comme un chant du cygne extensible, alliant une puissance spectrale au goût de l'expérience inédite. On dit parfois d’une musique qu’elle est habitée ; il faudrait dire ici qu’elle est hantée. Ou mieux encore, qu’elle hante. Imperturbablement, consciencieusement. Jusqu'à dépasser les cadres de l'harmonie sonore et instaurer ceux d'un univers où tous les sens se confondent pour bâtir une harmonie ou une dysharmonie totale. La création d'une atmosphère.

Jean-Charles Dufeu - site.

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Audio

-) Sharks, extrait de 'Metal Cares'.
-) Fifth Wall, extrait de 'Red Your Blues'.
-) Mine, extrait de 'Red Your Blues'.
-) The Sea Will Kill You, extrait de 'Red Your Blues'.

 

Web

-) Site officiel.
-) Myspace.
-) Monotreme.