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ARCHIVES | 2006 | MUSIQUE | 31KNOTS


Biographie

Heureux ceux qui purent témoigner de l'évolution constante du trio de Portland. "Talk Like Blood" annonce l'arrivée du nouveau 31Knots. Ayant déjà publié, sur le label du Michigan 54º40´ or Fight!, quelques albums hautement appréciés par la critique, le groupe est de retour avec certainement leur album le plus subtil et stimulant à ce jour, enregistré par Jay Pellicci (Erase Errata, Deerhoof) et Scott Solter (Spoon, Okkervil River).

Les critiques ont été stupéfiées par les prouesses techniques déployées non seulement par la section rythmique, mais également par le jeu de guitare frénétique de Haeges.

 

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Malgré les remarques quant à sa technicité, ce sont pourtant bien les imperfections de cet album qui reflètent parfaitement l'esthétique du groupe dans la création musicale. Et chaque faute reflète l'amour du trio pour la progression naturelle de la musique dans leur tentative de simuler la complexité des musiciens classiques et jazz. Pourtant, il ne s'agit pas ici d'un groupe qui tente grossièrement d'imiter ses contemporains.

Avec "It Was High Time to Escape", le processus d'écriture du groupe s'est tourné vers une approche beaucoup plus "chansons", et moins progressive, donnant lieu à des morceaux plus développées et aux mélodies plus fortes.

 

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A l'automne 2004, se séparant de 54°40' or Fight!, 31Knots sort le EP "The Curse of the Longest Day" en Europe (Own Records), au Japon (Sliff Slack) et seulement plus tard (juillet 2005) aux Etats-Unis (Polyvinyl). Bourré de grooves atmosphériques et d'instrumentations diverses, "The Curse of the Longest Day" diffère fortement de ses prédécesseurs et s'affirme comme un album neuf et excitant.

Le groupe a déjà joué en compagnie de Enon, Liars, Deerhoof, Modest Mouse, Califone, Owls et, plus récemment, a tourné en Europe avec Q and Not U. Et débarque sur les terres Rhâââ Loveliennes pour foutre le feu comme jamais !

 

Discographie

-) 2001 : "The Rehearsal Dinner EP" sur 54°40' or Fight!

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-) 2002 : "A Word Is Also a Picture of a Word" sur 54°40' or Fight!

Ce qu'en pense Derives :

Il est toujours agréable pour l’orgueil d’être l’un des premiers auditeurs de quelque chose qui vous plaît vraiment, et d’affirmer ensuite aux autres qu’on l’a été. Il est aussi frustrant de recevoir un disque à chroniquer, de l’apprivoiser en quelques écoutes avec ses tripes, d’en être marqué, et fier d’en faire part, puis de constater à l’intérieur du booklet un petit ©2001 STONK13MUSIC. Deux ans ! C’est avec presque deux ans de retard que parvient à mes oreilles ce petit trésor de Portland, qui pourtant est pour moi d’un avant-gardisme sans pareil dans la succession des influences post-hardcore, emo, math-rock, termes désormais dénués de tout sens pour désigner cette succession, tant les groupes de poids comme celui-ci ont une intégrité et un style personnel et mélodique inclassable. Comme ceux du label 54°40’ or Fight ! en général.

Le noyau du groupe est constitué de deux personnes (Joe Haege, guitariste-chanteur/Jay Winebrenner, bassiste) et le batteur de cette époque, approprié, est celui de Dilute, Jay Pellicci. Cela fait longtemps que j’aurais dû avoir l’honneur de te présenter et transmettre, à toi, lecteur potentiel (tu n’as pas fini de lire), ce petit bijou d’une franchise et d’une fraîcheur renouvelant tous les styles précités.

C’est sous l’artwork d’une pochette ravivant une sorte d’épopée socialiste fictive, et une ambiance pesante et moite post-11 septembre, que s’ouvre une feuille de paroles remuantes, énigmatiques et engagées. Non pas que 31Knots soit un groupe politique, mais il s’insinue toujours un parfum de propagande et de contre-opinion au fil de l’album. [...]

« A word is also a picture of a word » (titre inspiré d’un roman de Don Delillo) est un premier opus porteur d’une conscience accrue des choses et qui lègue une déchirure heureusement cicatrisable (mais coagulation = obscurantisme ou son contraire ?). Rêvons du prochain album de ce groupe hautement recommandable.

Sébastien - site.

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-) 2003 : "It Was High Time to Escape" sur 54°40' or Fight!

Ce qu'en pense PositiveRage :

31 Knots fait partie de ces groupes à la créativité débordante qui ne peuvent qu'imposer le respect. Après un changement de batteur, le trio de Portland revient avec son troisième album chez 54°40 or Fight, et le résultat ne peut, comme à leur habitude, que déstabiliser. Certains trouveront sans doute la démarche du trio trop farfelue, leur musique trop complexe, ou certaines parties trop maniérées, mais si tout cela ne vous effraie pas, 31Knots vous réserve quelques perles irrésistibles ! Un pied encré dans les années 70 et le rock progressif, l'autre dans la noise d'aujourd'hui, et les deux mains dans la pop, le groupe joue avec les mélodies et les harmonies avec beaucoup d'habileté. Les amateurs de King Crimson ou de Yes pourront y retrouver une démarche, les fans de Don Caballero y découvriront des éléments communs, ceux de Fugazi une certaine sensibilité, ceux de Polvo une instabilité, ceux de Pinback une douceur, bref, 31Knots peut autant rebuter tout le monde que toucher tout le monde. Une chose est sûre : le groupe donne sans compter, sans limites, n'hésitant pas en faire trop. On navigue presque dans un opéra mathrock qui reste à la portée de tous. Une espèce de "Quadrophénia" sauce 31Knots ! C'est fin et excentrique, pop et psychédélique, riche et beau ! Et pourtant je peux vous dire que quand le groupe veut que ça rock, ça rock ! Écoutez moi le refrain de "at peace", un réel bonheur ! Bon, après, avec une telle générosité, et un amour aussi prenant pour les années 70, 31Knots ne pouvaient pas éviter certains plans trop longs ou des titres tout simplement moins bons, ni même certaines lignes vocales trop maniérées, mais tant pis, c'est le jeu. Au moins, l'album est riche, généreux et original, et tant pis pour le reste...

mg - site.

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-) 2005 : "The Curse of the Longest Day" sur Own Records.

Ce qu'en pense Nameless :

Les Américains de 31Knots nous rappelent une époque pas si lointaine, où le terme "emo" était souvent associé à une scène indie qui n'avait franchement rien à voir avec des groupes comme The Get Up Kids ou Jimmy Eat World et qui a vu naître d'excellents et regrettés groupes comme The Van Pelt, The Lapse ou encore Mineral... En plus de nous évoquer ce son à la fois brut et très léché, ce trio de Portland avait prouvé il y a un peu plus d'un an et ce, grâce à leur deuxième album "It Was High Time To Escape", qu'il était possible d'être fort technique sans pour autant faire bailler aux corneilles son auditoire... On pense donc aussi à Karate, vétéran et rescapé de cette scène évoquée plus haut, mais en plus éclaté encore, ce qui les rend difficile à cerner et capable de tout... En vingt minutes à peine, 31Knots fait preuve de son immense originalité, de son savoir faire mais également de son évidente et perpétuelle évolution par rapport aux deux albums précédents. Peut-être moins véloce et nerveux qu'auparavant, l'univers de 31Knots saute d'emblée aux oreilles et ravira à coup sûr les amateurs d'un rock à la fois soigné et aventureux. Saluons au passage le flair et la belle opportunité du label luxembourgeois Own Records!

Eruct - site.

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-) 2005 :"Talk Like Blood" sur Own Records.

Ce qu'en pense Liability :

Je suis convaincu qu’il est des labels au catalogue particulièrement plaisant dont vous guettez impatiemment chaque nouvelle signature ou sortie. On a tous nos petits préférés et à ce petit jeu, ce sont les actualités de Domino, Secretely Canadian et Polyvinyl qui retiennent généralement mon attention. C’est justement de ce dernier label basé dans l’Illinois que nous allons parler un bref instant. Privilégiant la qualité à la quantité, l’équipe au nez extrêmement fin de Polyvinyl peut se targuer d’avoir sorti ces derniers mois des disques d’une qualité très souvent supérieure à la moyenne tout en réussissant à couvrir un large spectre de styles et d’influences. De la pop psychédélique de Of Montreal au rock sémillant de Hail Social en passant par le post-rock lugubre de Picastro, la déception ne fut jamais au rendez-vous. Visiblement, le label a la ferme intention de continuer sur sa lancée puisqu’il nous gratifie en cette fin d’année du nouvel album de leur dernier renfort en date : 31 Knots.

Troisième album du groupe, mais premier pour le compte de Polyvinyl, ce 'Talk Like Blood' est une jolie surprise émanant d’un groupe affichant une pleine possession de ses moyens. Souvent catalogué math-rock, le quatuor a été capable d’évoluer pour se distancier progressivement des canons du genre. Ce faisant, il s’est attelé avec beaucoup de minutie à les remodeler pour mieux se les réapproprier. Et alors que l’on sent sur de nombreux morceaux le groupe pris d’une folle envie de rallonger la sauce pour aller se perdre dans des expérimentations qui auraient rapidement révélé leur caractère inutile, celui-ci se ravise au dernier (et bon) moment. Choix judicieux : une telle posture révèle avec d'autant plus de brillance la richesse mélodique et les trouvailles sonores de ce Talk Like Blood rugueux et parfois très fugazien. Tout au long de ce disque court mais extrêmement dense, la formation de Portland se plaît à jongler avec les changements de rythme et à nous montrer les multiples facettes de son univers (la biographie du groupe cite à très juste titre Karate ou le Modest Mouse du milieu des années 90) aussi sombre que plaisant. [...]

Jeff - site.

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Audio

Quelques titres à écouter par ici.

 

Web

-) Site officiel.
-) Myspace.
-) 54°40' Or Fight!.
-) Own Records.