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ARCHIVES | 2008 | MUSIQUE | MAGYAR POSSE


Biographie

Originaires de la ville de Pori, les six Finlandais de Magyar Posse font figure d'exceptions dans le paysage de plus en plus labyrinthique et hasardeux du post-rock, non seulement parce qu'ils ont choisi un nom totalement improbable pour un groupe qui fait de la musique instrumentale (il ferait plutôt penser à un gang de rappeurs hongrois avec survêts en soie et dents en or) mais surtout parce que leur répertoire échappe à tous les clichés du genre. En témoignent de manière irrésistible les trois albums magistraux qu'ils ont sortis depuis 2001 sur le label d'Helsinki Verdura Records.

 

magyar posse 1

 

Premier de la trilogie, We Will Carry You Over The Mountains (2002), sorte de bande-son cinématographique urbaine, faisait coexister miraculeusement Ennio Morricone et Mogwaï avec pour objectif réussi la recherche de mélodies tendues, répétées en boucles sinueuses. Plus épique, Kings Of Time (2004) haussait le ton, toutes guitares dehors : pas de chant, parfois quelques chœurs cristallins, des cordes, des synthés vintage. A l'écoute, un souffle glacial.
Sacré meilleur album 2006 par le très respecté webzine The Silent Ballet, leur troisième opus, Random Avenger, est celui de la maturité. Parfaitement maîtrisées et immédiatement attribuables aux Six de Pori, les sept plages sont ciselées plus en profondeur, grâce aux claviers et au violon. Magyar Posse excelle dans une espèce de syncrétisme harmonieux et sans complexe, combinant les styles les plus féconds de la musique instrumentale de ces trente dernières années : rock progressif, krautrock, électronica le tout largement inspiré de trames mélodiques hétérogènes tirées de la musique de films (outre Morricone à nouveau, on pense à Clint Mansell, John Barry, Mike Oldfield).

 

magyar posse 2

 

Après un hiatus de plus d'un an, suite au long séjour du guitariste en Chine, et précédé d'une réputation impressionnante sur scène, Magyar Posse est de retour, plus solide que jamais, avec la ferme intention de porter son lyrisme crépusculaire au firmament du Rhâââ. Qu'il en soit ainsi.

 

Discographie

-) 2002 : 'We Will Carry You Over The Mountains' sur Verdura Records.

Ce qu'en pense Xsilence :

Magyar Posse est un groupe de post-rock finlandais. Cet album est le premier du groupe, sorti en 2002 et distribué depuis peu par Oscill en France. Qui dit post-rock, dit tout de suite enième groupe à influence Tortoise, Mogwai et Godspeed... Or Magyar Posse est plus que cela.

Sur le site de leur label, on trouve par exemple une référence à Ennio Morricone qui peut surprendre. Mais la vérité n'est pas loin. A l'écoute de cet album, on se demande forcément s'il ne s'agit pas de la bande originale d'un film. Je me suis moi-même repassé le CD plusieurs fois, convaincu qu'un thème revenait de manière récurrente dans les morceaux.

L'album comporte 8 pistes que Yann Tiersen et Mogwai auraient pu composer ensemble. Les intros et les instruments employés dans les premiers morceaux "Sleepwalker" et "Witchcraft", font penser à l'homme orchestre français, alors que le son des Ecossais se retrouve dans "Pacific Ocean". "The Endless Cycle Of Violence" enfin est une sorte de démonstration de puissance du groupe, bon exemple de montée lente et incessante "à la Godspeed". Alors la question est: cet amalgame est-il réussi ? La réponse est oui, l'argument principal étant la cohérence de l'album, l'impression bizarre que l'on a écouté une seule et unique piste de 46 minutes, bande originale de ces trois derniers quarts d'heure...

Pour les curieux et les déjà convertis, Magyar Posse se produira le 28 juin au Glaz'art à Paris. C'est leur première tournée en France. Personnellement j'ai hâte d'y être...

Parfait: 17/20

Kacamb - site.

we will carry

 

-) 2004 : 'Kings of Time' sur Verdura Records.

Ce qu'en pense Popnews :

"Nous vous transporterons par delà les montagnes", nous promettaient en guise d'introduction sur leur premier album ces inconnus tout droit venus d'une Scandinavie qu'on imaginait assez justement glaciale tout autant qu'hostile. Tout un programme. Pourtant, dès la première écoute de cette somptueuse collection de pépites givrées, une évidence s'imposait : ces Finlandais volants planent à des miles au dessus de leurs acolytes post-rockeux. Et l'arrivée de ce deuxième album, intitulé "Kings Of Time", ne fera que confirmer tout le bien que l'on pensait de ces mystérieux scandinaves. Jamais encore une telle musique, manifestement ancrée dans un genre somme toute assez sombre et tourmenté, n'aura semblé si légère, si gracieuse. Ou l'art de chanter (c'est une image, leur musique habitée étant presque intégralement instrumentale) le désespoir des jours sans soleil avec élégance et sérénité. Ici, les guitares tissent de frêles mélodies, secondées par un xylophone taquin, et évoquent de bucoliques paysages enneigés. Autre part, c'est d'improbables coulées de lave en furie que suggèrent ces six cordes rugissantes et mutines. Visiblement, chez Magyar Posse, on affectionne les contrastes brutaux tout autant que les nuances les plus fines, le noir & blanc tout autant que les tons sépias. Et si les influences sont parfois évidentes (on pense assez souvent à Mogwai, de temps à autre à Tortoise...), la musique du quintet possède néanmoins une beauté bien singulière et une identité propre. Seuls en effet Jari Lahteinen et sa bande de tristes lurons semblent être en mesure de convoquer tour à tour les naïves mélodies d'Ennio Morricone et les déflagrations bruitistes des désormais incontournables GYBE sans y perdre quelques plumes au passage. Cependant, nulle question d'accents symphoniques sur ce disque magistral. Les Finlandais officient plutôt dans la catégorie belle et inquiétante musique de chambre. Mais une chambre froide, alors, avec son lot de carcasses congelées et de volutes de givre dessinant sur les parois blanches des paysages aussi beaux qu'effrayants. Un disque monstre, en somme, un bouquet de "chansons" malades du plus bel acabit, indispensable pour accueillir comme il se doit un automne déjà proche. Brrrrrrrrrr.

Jan - site.

kings

 

-) 2006 : 'Random Avenger' sur Verdura Records.

Ce qu'en pense Le Cargo! :

Comment le nouvel album de Magyar Posse être autre chose qu'une réussite? Plus je me remémore mon impatience fébrile à attendre des nouvelles des six finlandais, plus l'évidence me saute aujourd'hui à la gorge. Ils avaient tout : l'instinct mélodique, une originalité de forme dans un créneau musical encombré par les poncifs, la puissance et une pureté remarquable dans les prises de son, qualités que nous avions déjà pu savourer en live et sur leurs deux précédents opus.

Solennité
We Will Carry You Over The Mountains, sorte de bande-son cinématographique urbaine, faisait coexister dans un petit miracle Ennio Morricone et Arca avec pour objectif la recherche de mélodies tendues, répétées en boucles sinueuses. Kings Of Time était plus épique, toutes guitares dehors et bourré de cavalcades plus étourdissantes les unes que les autres. Les deux albums, différents dans leurs sonorités mais indéniablement les oeuvres d'un même groupe, se complétaient sans que l'un soit fondamentalement meilleur que l'autre dans un diptyque d'une solennité saisissante.

Vélocité
En arbitre avisé, Random Avenger rassemble et sublime les qualités de ses deux prédécesseurs : encore présente, l'inexplicable facilité à bâtir des boucles mélodiques entêtantes dignes d'un Morricone slave (les guitares crunchy de “Popzag” faisant écho au thème de Un Citoyen Au Dessus De Tout Soupçon, l'utilisation de la voix comme une texture mélodique). Toujours là cette fougue, déversée précipitamment dès “Whirlpool Of Terror And Tension” et qui ne se calmera qu'au cours de deux courts intermèdes. Pas de détours, on fonce dans le tas ! Les rythmes de batterie martelés, presque « cassés », renforcent ce sentiment d'urgence haletante ; avec une incroyable vélocité, Magyar Posse comme si le diable était à ses trousses. Si le style du groupe n'a pas tellement changé, leur technique d'enregistrement s'est peaufinée et les morceaux ont gagné en densité. C'est dans la compacité que Magyar se distingue, et ce depuis leurs débuts. Du rock instrumental épique, OK, mais avec concision et efficacité. Les passages les plus calmes, soigneusement intercalés, exsudent une tension sourde, comme pour laisser à l'auditeur un instant pour reprendre un semblant de souffle (“Black Procession” et “One By One”).

Crépuscule
Au beau milieu de cette course de demi-fond, le Tubular Bells de Mike Oldfield trouve juste le temps de se frayer une place dans les références seventies assumées (les claviers scintillants d'intro et de conclusion de “Sudden Death” ou plus loin sur “European Lover”), avant de se faire bouffer l'espace par des voix entonnant des vocalises d'un lyrisme crépusculaire. Car il est bien question de cela : pas tout à fait nocturne, Random Avenger diffuse une lumière rasante comme il doit il y en avoir au-delà du cercle polaire ; une sorte de dernier éclat qui éblouit avant de laisser place à la nuit.

Yves - site.

random

 

Audio

De nombreux morceaux sont à télécharger ici.

Whirlpool of Terror & Tension, tiré de Random avender
Sudeen Death, tiré de Random Avenger

 

Video

Répétition avec le groupe chinois Cold Fairyland à YuYinTang, Shangaï (Chine, 2007)

The Whirlpool of Terror and Tension (Las Palmas Films, 2006)

 

Web

-) Site officiel.
-) Myspace.
-) Label.