FR | EN | NL

ARCHIVES | 2008 | MUSIQUE | DEAD MEADOW


Biographie

Comme le fait clairement penser le design des pochettes de leurs disques, Dead Meadow est un groupe largement influencé par le rock « hippie planant » des 60’s et 70’s. Il ne s’agit néanmoins pas là de pâles copies d’anciennes gloires légendaires mais bien de musique contemporaine, d’une transposition de l’esprit de cette époque là au goût d’aujourd’hui. Comme pour preuve de qualité, les 2 premières plaques de Dead Meadow sont sorties sur le label fondé par un connaisseur (Joe Lally de Fugazi) : Tolotta Records. Les suivant sortiront sur Matador. En effet les spécialistes ne s’y trompent pas. Feu John Peel va même, en 2002, faire en sorte que la BBC accepte pour la première fois d’enregistrer une Peel Session en dehors de leurs propres studios (session enregistrée aux Etats-Unis dans le local de répétition de Fugazi) !

 

photo1

 

Le style de musique de Dead Meadow n’est pas simple à définir, les étiquettes et qualificatifs ne leur correspondant jamais vraiment, d’autant plus que les albums se suivent mais ne se ressemblent pas. Certains tenteront néanmoins l’aventure en disant que cela va du psych-funk-sludge au blues-spacerock en passant par de la prog-folk-expérimentale. Cela ne veut évidemment pas dire grand chose mais c’est bien d’avoir essayer. Quoiqu'il en soit, pour beaucoup Dead Meadow constitue, ni plus ni moins, l’incarnation aboutie d’un renouveau psychédélique. Un petit passage sur leur site pour vous en convaincre?

 

photo2

 

Originaires de Washington, Dead Meadow a entamé, début février, une impressionnante tournée qui les mènera de part et d’autre de l’Atlantique jusqu’en fin mai. Ils le savent, le talent de Dead Meadow se révèle au grand jour dans les salles assombries. C’est pour cela qu’ils taillent la route et qu’ils feront plus de 70 dates, aucune à Washington mais une au Rhâââ Lovely Festival ce 29 mars. D’ici là, reposez-vous bien, préparez vos chemises à fleurs et laissez-vous poussez la barbe : Ils arrivent !

 

Discographie

-) 2000 : 'Dead Meadow' (Tolotta Records/Planaria Records).

Ce qu'en pense Stonerock :

Le principal écueil pouvant rendre la navigation du navire Stoner hasardeuse reste le manque d’originalité de certains groupes du style. Serait-ce le manque d’ambition ou tout simplement d’inspiration qui force des formations à végéter dans la catégorie « clone »des illustres Sabbath ou Kyuss ? Je vous rassure tout de suite, cela n’est absolument pas le cas en ce qui concerne DEAD MEADOW, trio américain formé en 98 dans l’état de Washington. Ce premier opus date de l’année 2000, mais vu le manque d’intérêt médiatique qu’il a suscité, il était urgent de rattraper le coup, car il aurait été dommage que cet album passe inaperçu au vu des richesses qu’il recèle.

Ces trois Américains ont largement assimilé et digéré l’essentiel du rock mystique des années 60. Si les rythmiques hypnotiques et plombées, comme on les aime tant, peuvent évoquer le mythique SLEEP, les harmonies, les lignes vocales rappellent par instant les heures de gloire du psychédélisme britannique ( BEATLES ; PRETTY THINGS ) et c’est à ce niveau que réside à mon humble avis toute l’originalité de ce CD. Jason Simon n’en oublie pas, loin s’en faut, de disperser ça et là quelques accords rugueux, corrosifs et incantatoires. Le son des guitares reste bien chargé aux hallucinogènes, il permet au trio de s’engager sur des voies autant célestes que venimeuses, et ceci pour notre plus grand plaisir.

DEAD MEADOW est peut-être tout simplement le groupe qui permettra à la confrérie stoner d’élargir encore un peu plus son cercle d’influence, le chaînon manquant entre la rétro-pop et l’obscur ; un pied dans les sixties, l’autre dans les ténèbres et la tronche dans les étoiles.

Inventif, barré, classieux !

Bruno Bages - site.

nom_image

 

-) 2001 : 'Howls from the Hills' (Tolotta Records).

Ce qu'en pense Desert-Rock :

Après un premier album éponyme absolument génial paru l’année dernière, Dead Meadow nous revient avec son second opus. La question qui se pose est simple. Parviendra-t-il à se hisser au niveau du premier album ? A l’image de la longue et superbe intro qui ouvre le disque, Dead Meadow nous plonge d’emblée dans un univers plus apaisé. On se retrouve immergé dans une combinaison remarquable de rock gras et de rock psychédélique. Puisant dans Kyuss, Led Zeppelin, Thirteenth Floor Elevator et Pink Floyd, le groupe n’en garde pas moins une personnalité affirmée, très originale. Les tempi sont souvent assez lents, voire doom, comme sur 'One and old', de toute beauté. Le son est quant à lui réellement fascinant puisque très proche de celui de la fin des sixties. Ceux qui ne jurent que par les superproductions surfaites seront probablement déçus. Ceux qui apprécient les disques qui sonnent vrai, jubileront. Voilà un disque profondément humain ou rien n’est dissimulé. Un ouvrage d’artisans en orfèvrerie, d’où se dégage une douce chaleur sur fond de mélancolie, transcendée par l’utilisation intempestive d’une wha-wha et d’une distorsion hallucinante. A n’en point douter, les trois membres de Dead Meadow constituent, ni plus ni moins, l’incarnation aboutie d’un renouveau psychédélique.

Brotherfab - site.

nom_image

 

-) 2002 : 'Got Live If You Want It' (Bomp Records/The Committee to Keep Music Evil).

nom_image

-) 2003 : 'Shivering King & Others ' (Matador Records).

Ce qu'en pense Desert-Rock :

Troisième album (quatre, si l’on compte le live) pour ce trio américain en passe de s’imposer, avec la même indolence apparente qui caractérise sa musique, en tant qu’une formation définitivement unique et incontournable. Le groupe creuse son sillon avec une détermination forçant le respect. Imperturbable, il forge une sorte de hard rock psychédélique constamment renouvelé par une créativité exemplaire. On songe à Led Zeppelin et à Jimi Hendrix. On saisi l’architecture blues derrière chaque morceau. Des structures rythmiques répétitives, magnétiques et hypnotiques sur lesquelles se posent de subtiles mais distordues complaintes guitaristiques. Et la voix si particulière de Jason Simon, nasillarde et nonchalante. Fragile et attachante. Le climat de ce disque se veut plutôt tempéré. Qu’on ne s’attende donc à aucune déflagration stoner. Il s’agit plutôt de se laisser porter par la douce torpeur qui en émane. Le temps n’est pas à la bourrasque sèche et tranchante des Terres australes, mais bien plutôt au délice d’une bise méditerranéenne. Une invitation à la rêverie. Transcendante et immanente. Entre-deux narcotique. Une navigation vers des champs inexplorés de la sensualité. Magistral et solaire, Dead Meadow n’est rien moins qu’une expérience terriblement puissante pour peu que l’on s’y abandonne.

Brotherfab - site.

nom_image

 

-) 2005 : 'Feathers' (Matador Records).

Ce qu'en pense Mille-feuille :

Si les fans de rock attendent toujours un messie, il ne fait aucun doute que Dead Meadow ne sera pas l'Elu. Et ce sera une flagrante injustice. A ranger à côté des plus grands disques c(r)amés du rock, ce Feathers est un monument de morceaux agressivo-psychédéliques. Revisitant l'histoire du rock de façon somme toute assez singulière, Dead Meadow clame haut et fort ses convictions les plus profondes: le Grateful Dead était en fait mené par Neil Young; les Jesus & Mary Chain ont toujours été trop renfermés pour inviter Hope Sandoval chez eux; Bardo Pond serait encore plus efficace en ajoutant une dosette de pop dans sa washing-machine, entre autres...

Désormais à des années-lumière de son stoner rock qui devait autant à Hendrix qu'à Black Sabbath, ou plus près de nous aux Queens Of The Stone Age, les quatre Dead Meadow ont réalisé une mue qui ferait un peu figure d'euphémisme si on lui ajoutait l'adjectif "impressionnant" : tout ce que l'on peut attendre d'un groupe novateur et passionnant est réuni sur ce disque. Il va sans dire que la concurrence aura sans doute du mal à se remettre d'un tel coup de massue !

Noyées dans une masse sonore aussi violente que cajoleuse (le syndrome Bardo Pond, donc), les compositions du groupe nous offrent des moments de bravoure qu'on aurait à peine osé rêver entendre: cette wah-wah déchirante sur Heaven ou encore l'épique Eyeless Gaze All Eyes - Don't Tell, en parfaite réplique à l'imposant Let's Jump In initial. Et que dire de At Her Open Door qui pourrait très bien être le meilleur morceau de Magnolia Electric Co. sorti à ce jour avant qu'un break jouissif à l'extrême ne vienne rendre ces considérations assez inutiles ?

Et si Dead Meadow semble donc avoir changé son fusil d'épaule (pour viser encore plus juste), la nouveauté la plus radicale est la place qui est désormais laissée au chant de Jason Simon : il reste encore parfois difficile de comprendre ses textes à l'allure mystique (pense-bête: éviter de faire fuir les anti-hippies...) mais sa voix s'extirpe enfin de la masse sonore pour s'ajouter à cette impression dévastatrice qui vous laisse penser que ce Feathers donne des sensations supérieures à n'importe quelle herbe de top qualité, et ce, à moindre frais en plus ! Et si la référence pourra faire tâche, on ira même rajouter que c'est à cela que la voix de Liam Gallagher aurait toujours dû ressembler...

Pour poser la cerise en haut de ce gâteau himalayen, Dead Meadow livre en pâture une poisseuse version de Through The Gates Of The Sleepy Silver Door captée lors d'un concert du groupe. A n'en pas douter, il y avait au moins une excellente raison de se rendre au concert parisien d'And You Will Know Us By The Trail Of Dead. Ceux qui y ont croisé la route de Dead Meadow doivent sûrement s'en souvenir...

Eric F. - site.

nom_image

 

-) 2008 : 'Old Growth' (Matador Records).

Ce qu'en pense Mille-feuille :

Après un Feathers titanesque, on se demandait bien comment Dead Meadow allait pouvoir sinon placer la barre plus haut, au moins garder un tel niveau d'excellence. La réponse de Jason Simon, Steve Kille et Stephen McCarty est d'un extrémisme aussi simple qu'efficace : dénuder le groupe de ses légendaires distorsions ! Si certains fans de longue date criaient d'ores et déjà au scandale, on ne pouvait que s'incliner devant cette décision plutôt courageuse...

Et désormais, on pourra également s'incliner devant ce Old Growth, qui n'atteint peut-être pas les sommets de Feathers, mais reste néanmoins bien haut perché. Ce terme n'est évidemment pas pris au hasard, tant le trio conserve son côté hautement narcotique. Privé de ses effets, Jason Simon ne se retrouve pourtant pas à poil et parvient sans problème à faire décoller l'ensemble. "Ain't Got Nothing to go wrong, no not today" clame-t-il d'entrée, et on ne peut qu'acquiescer.

Après un départ en trombe (les trois premiers morceaux sont inattaquables et se complètent à merveille), le groupe prend une pause pour livrer un Down Here acoustique qui ne convainc qu'à moitié. Peut-être trop de retenue. Si, pour une fois, Dead Meadow n'a pas remis au goût du jour un seul de ses vieux titres (une spécialité jusque-là souvent menée avec succès : cf. Heaven sur Shivering King And Others et Feathers), l'envie de refaire le coup du casse At Her Open Door est plus qu'évidente avec I'm Gone, qui arriverait presque à tenir la comparaison avec le joyau de l'album précédent, ceci en grande partie grâce à un solo totalement déjanté. La tentative de "psychédélisation" indienne de Seven Seers restera quant à elle lettre morte, tant elle ennuie et finit même par irriter.

Mais le bluesy The Great Deciever lance idéalement la deuxième partie du disque, qui reprend son souffle avec brio, ce qui se confirme par l'intermédiaire d'un The Queen Of All Returns, qui lâche assez vite une structure assez convenue pour prendre son temps, la guitare de Jason Simon folâtrant avec grâce et agilité, et qui prouve ainsi que le groupe sait être extrêmement convaincant sur des tempos plus qu'alanguis.

Keep On Walking démontre que le raté de Down Here n'était qu'un accident de parcours, la formule acoustique tournant ici à plein régime. Finissant avec brio le disque, Dead Meadow voit sa prise de risques totalement récompensée, tant le trio parvient à rester fascinant avec des morceaux complexes et addictifs (What Needs Must Be), qui n'auront pas à rougir face à leurs prédécesseurs...

Eric F. - site.

nom_image

 

Audio

Quelques morceaux sur leur Myspace.

 

Video

Dead Meadow - At Her Open Door

Dead Meadow- What Needs Must Be

 

Web

-) site officiel.
-) Myspace.
-) Tolotta Records.
-) Planaria Recordings.
-) Matador Records.
-) Bomp Records.
-) The Committee to Keep Music Evil.