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ARCHIVES | 2007 | MUSIQUE | AUDREY


Biographie

Audrey, quatuor suédois, naît en 2002 et commence à jouer en concert en avril de la même année. Les réactions positives sont immédiates après la parution d’une démo enregistrée dans le studio d’un collectif d’artistes de Göteborg. L’été et l’automne suivants voient le groupe tourner et vendre plus de 500 copies de leur démo.

 

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Audrey commence ensuite à développer son son et l’embryon de leur pop sombre et suggestive prend forme pour la première fois dans une maison abandonnée de l’archipel de Göteborg. Selon Victoria Skoglund, guitariste: « C’était vraiment le pire endroit où on pouvait enregistrer, on devait d’ailleurs démolir le bâtiment alors qu’on y enregistrait. Les toilettes étaient cassées, les tuyaux, gelés, et les souris couraient à même le sol. »

Décrire la musique d’Audrey n’est pas chose aisée. Là où le groupe réussit à trouver un thème central, c’est dans la balance des mélodies, où des moments splendides et scintillants de pop rencontrent une tristesse sombre.

 

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Les harmonies (les quatre musiciennes se partagent les voix) changent rapidement entre solutions et humeurs. Le récit direct et conventionnel est remplacé par des significations abstraites qui renforcent les mélodies. Victoria : « J’aime quand les paroles peuvent prendre différentes significations et que nous donnons des indices à notre public. Parfois, nous pouvons écrire des choses très incohérentes, mais nous recherchons un feeling dans la musique. »

 

Discographie

-) 2003 : 'Demo'.

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-) 2004 : 'Audrey' (EP) sur Tenderversion.

Ce qu'en pense Derives :

Du premier coup d’œil sur la pochette jusqu’à ce que s’éteigne la dernière note de ce disque, nous entrons dans un rêve éveillé.

Chef-d’œuvre.

Audrey est un quatuor suédois formé à Henån en 2001 par Victoria, Anna, Rebecka et Emelie. Leur premier ep les voit briller dans des eaux voisines de celles de Movietone, Galaxie 500, Coastal et L’Altra, tout en privilégiant une sensation d’éther transportant tout fan de This Mortal Coil et des Cocteau Twins au septième ciel. A cela il faut ajouter la qualité mélancolique nordique du chant, quelque part entre Stina Nordenstam, Bjork (plutôt de l’époque Sugarcubes) et Anneli Marian Drecker (Bel Canto).

Il suffit de deux ou trois écoutes de cet ep pour réaliser qu’on assiste ici à la naissance d’un groupe majeur. C’est euphorisant, toute cette floraison de grâce subtile et fragile, cette voix troublante et ces arrangements musicaux oniriques.

Les cinq morceaux sont tous à tomber, parfaits et affolants, de la première à la dernière seconde, émouvants jusqu’aux larmes et terriblement sublimes, ils nous plongent dans un étant second de féerie et de bien-être profond à la douce mélancolie fragilisante.

C’est tout notre panthéon intime de groupes qui se trouve chamboulé, forcé de s’écarter pour laisser une large place ensoleillée à Audrey, au cœur de nos paysages émotionnels, en plein milieu d’un paradis fantasmé.

Sur l’intro de ‘box, and flights’ on pense au Movietone de ‘Bay & Night’, cette même façon d’évoquer des paysages avec un chant chuchoté, guitare et cordes discrètes, puis peu à peu le morceau prend de l’épaisseur, une batterie slowcore rejoint l’équipage puis des chœurs éthérés et aériens. Le résultat est prodigieux, entre dreampop et slowcore. Dès la première rencontre, Audrey impose l’écoute en boucle dans un état d’apesanteur. Bien sûr les styles et les sons, les langage utilisés sont connus, mais le quatuor féminin en fait quelque chose d’unique, personnel et extraordinaire. Impossible de ne pas être bouche-bée face à une telle grâce. Le genre de choc titanesque que j’avais pu ressentir à l’écoute du premier ep de L’altra et des premiers albums de Carissa’s Wierd et Movietone justement.

On se demande alors bien ce qui suivra et c’est le fantastique ‘Triumphal Arch’ qui révèle des couleurs pastelles éthérées tant vénérées de la période dorée de 4ad et une forme de brume lumineuse guère entrevue autre part que chez Galaxie 500. Le chant révèle alors toute sa spécificité nordique, on aimerait tant que Bjork chante comme cela, une fragilité et une naïveté enfantine, le cœur fait « boum boum » dans la poitrine, peut-on tomber amoureux d’une voix ? Le génie est à l’œuvre !

Une seule chose à faire défaillir lors des deux minutes quarante de ‘We thought we were ghosts, but we are feathers’, folk song atmosphérique soulignée de violoncelle, avec de délicats accents slowcore, digne des Red House Painters et de Carissa’s Wierd.

D’une chanson à l’autre, le soleil semble décliner peu à peu dans le ciel et une mélancolie tenace s’infiltre peu à peu. Sur ‘Hymn’ le chant s’élève peu à peu dans les airs, lent et majestueux, poignant et troublant. Dieu que c’est beau, cette batterie délicatement étouffée, cette guitare douloureuse en soutien à la pureté floue d’une voix à deux doigts de sombrer en sanglots, mais qui pourtant résiste, baignée d’une atmosphère éthérée et translucide.

Le ep se termine avec une reprise instrumentale magistrale du ‘Helpless’ de The Bear Quartet, intro de cordes sombres comme un ciel couvert d’une épaisse couche de nuages sombres, piano, batterie et bruitages sombres jusqu’à un chant qui nous transporte instantanément du côté des plus belles réussites de Bel Canto ou des Cocteau Twins à l’aube des années nonante.

Dès ses premières chansons, Audrey fait une entrée fracassante parmi les meilleures formations slowcore ayant jamais existé et l’on prie pour que ce miracle s’étende maintenant à leur premier album à venir qu’en attend déjà tout tremblant.

Audrey est un groupe déjà essentiel.

Didier - site.

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-) 2006 : 'Visible Forms' sur Tenderversion.

Ce qu'en pense Nameless :

Nouvelles venues dans le paysage post rock contemporain, les quatre Suédoises de Audrey risque fort de faire parler d'elles par la délicatesse de leurs mélodies. Visible Forms propose en effet des contes élaborés aux allures pourtant simples, mais qui ne manqueront pas de charmer.

Si les quatre demoiselles plaisent certainement à la vue (tout comme l'ont fait leurs compatriotes de Midaircondo), leur musique n'en est pas dénuée d'intérêt musical. Certes, une certaine tendance semble apparaître, ces derniers temps, à proposer des groupes de filles au physique largement attrayant. Mais là où le doute est mis en avant quant aux qualités réelles de ces artistes, il est également rapidement dissipé par les réelles compétences du groupe. Audrey n'est pas là pour faire parler d'elles de ce point de vue. Loin de là. Ici, c'est bel et bien une nouvelle fois la musique qui se fait reine. Et le quatuor de nous proposer une pop étirée autant qu'éthérée, ralliant par moments un certain post rock qu'on ne pourrait décrier. La sensibilité est de mise, tant dans les compositions que dans le graphisme de la pochette. Ces "formes visibles" s'offrent à nous comme des cadeaux cachés qu'on nous dévoilerait au dernier moment. Les guitares restent discrètes et sortent au moment le plus opportun comme pour rappeler leur violence à travers les instruments plus classiques. Les voix, quant à elles, s’entremêlent pour former ces cristaux célestes que seul peut produire un climat nordique.

Après une démo 3 titre et un premier EP sorti sur Stereo Test Kit Records, voici donc enfin le moment de confirmer la bienséance de ces dames. Visible Forms étudie le froid suédois à travers des compositions chaleureuses, tantôt mélancoliques, tantôt joyeuses, mais gardant toujours à l'horizon une certaine tendresse quasi boréale. L'ouverture de certaines plages sur les violoncelles ("Views", "Plain Pieces") dégage une chaleur aussi intense que triste pour se développer ensuite dans des structures souples et plaisantes, sans jamais pourtant tomber dans l'ennui hivernal. Audrey n'est certes pas le groupe de l'année, mais se positionne en bonne place pour conquérir de nouveaux tympans.

Et le plus plaisant dans tout ça, c’est de se dire qu’elles viendront prochainement défendre leurs formes dans nos contrées…

Fred - site.

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Audio

Un morceau est à télécharger ici, et , vous accéderez à une vidéo.

 

Web

-) Site officiel.
-) Page Myspace.
-) Tenderversion.