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ARCHIVES | 2007 | MUSIQUE | A WHISPER IN THE NOISE


Biographie

Pas mal de groupes ont bénéficié des services de Steve « Gold Fingers » Albini aux manettes de la production mais peu peuvent s’enorgueillir de propos aussi louangeurs que A Whisper In The Noise. Qu’en pense le sieur Albini ?: « A Whisper In The Noise est le projet du compositeur West Thordson, intégrant des cordes, du piano, de l'électronique aux riches tonalités, et du chant atmosphérique. Tour à tour superbe, mélancolique, triste et séducteur, AWITN évoque une berceuse dont on ne se souviendrait qu’à moitié, et dont la partie mémorisée suggère une mélodie amie (bien qu’inconnue) indiciblement triste. » D’autres ne s’y sont pas trompés et, après Shellac, c’est aux côtés de Mogwai et Arab Strap qu’AWITN a tourné. Il est des parrains moins flatteurs.

 

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A Whisper In The Noise est donc avant tout l’ambition musicale d’un seul homme, West Thordson, dont les pérégrinations hantées et solitaires dans le fin fond du Minnesota (West aurait habité dans une école de village abandonnée…) ont marqué définitivement la noirceur de l’inspiration, créant un univers tendu et dense, sans concessions.

Noirceur que consacre implacablement toute la discographie du groupe depuis sa création en 2002 et plus encore le dernier opus, au titre faussement apaisé As The Bluebird Sings. Paru l’an dernier, l’album confirme tout le bien qu’en pensait Albini il y a quelques années, à ceci près que les mélodies à moitié oubliées sont devenues des mélopées vertigineuses et que les berceuses se sont transformées en introspections angoissantes sur les cauchemars de notre époque. Mieux encore, grâce à une orchestration complexe (basse saturée, rythmique syncopée, piano, violon, cors anglais et autres envoûtements) mais parfaitement maîtrisée, le sombre Thordson s’avère être un vocaliste décidément très doué. Sombre mais lucide, sous un ciel d’encre.

 

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Pour ceux que les comparaisons éclairent, on songera aux premiers pas de The Black Heart Procession, à The Paper Chase, Murder by Death mais aussi à Low (pour certains chœurs féminins éthérés), à Tom Waits ou un Nick Cave expérimental et même à Kurt Weil pour la puissance évocatrice de certains passages instrumentaux.

En somme, toutes les compositions de AWITN sont autant de bribes existentielles que la sensibilité exacerbée de l’auteur se chargera de retranscrire sur scène. Un concert inédit en Europe continentale !

 

Discographie

-) 2002 : 'Through The Ides Of March' (auto-produit).

Ce qu'en pense Derives :

« Through the Ides of March » est un drôle de disque de post-rock aux vocaux intimistes, mais à la froideur gothique. Il s’agit du premier album d’un groupe de six musiciens originaire de Minneapolis mené par un certains West Thordson et enregistré en trois jours par Steve Albini.

Pas moment, ça me fait penser à ce que pourrait donner la rencontre entre A Silver Mt. Zion et The Cure, ou entre Sunny Day Real Estate et Dead Can Dance. Piano, le chant de Wes Thordson, basse, batterie, violon, violoncelle, french horn, samples, programmations et manipulations électroniques forment donc la texture de ce groupe.

Comme la pochette peut le laisser présager, les ambiances sont plutôt sombres, régulièrement froides et parfois mêmes glaçantes. Parfois c’est très beau, à d’autres moments ça fait plutôt froid dans le dos avec des passages plus electro presque hors contexte. Il faut cependant reconnaître à Wes une présence et aisance au chant. Le style est assez froid et emprunté mais convoie suffisamment d’émotions et de profondeur pour ne jamais laisser de glace.

Didier - site.

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-) 2004 : '2d' (auto-produit).

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-) 2006 : 'As The Bluebird Sings' sur Transdreamer.

Ce qu'en pense La Blogothèque :

S’ils présentent eux-mêmes leur musique comme du "bastardized orchestral garage rock" (yeah), on pourrait tout aussi bien voir ça comme du post-Tom-Waits, évoquant aussi bien un cirque baroque danny-elfmanesque que du Nick Cave expérimental, en passant parfois par le post-rock Montréalais (et ça ressemble aussi pas mal à Black Heart Procession maintenant que j’y repense). Autant dire que l’on est dans une musique plutôt atmosphérique et biscornu, volontiers angoissante et écorchée, avec un goût certain pour la démesure et les visions de cauchemars. Au premier abord, je trouvais tout ça plus original et singulier que réellement convaincant mais au fil des écoutes, je commence à trouver de la cohérence dans ce désordre et des vertus obsédantes sur lesquels je me surprends à revenir plus fréquemment que prévu. Et un morceau comme Until The Time It’s Over est tout simplement renversant.

Quant à la reprise de The Times They Are A-Changin’, elle est ici aussi placée en bout de course. Mais comme ce qui l’a précède est diffèrent, c’est comme si elle n’illustrait pas la même chose, comme si elle n’avait pas tout à fait la même tonalité. Ici, après des cris d’angoisses et des plages de solitude, elle apparaît comme une vague mélancolique qui emporte tout, comme un repos du guerrier bien mérité, celui où le narrateur a enfin fait la paix avec ses démons et constate qu’une ère s’éteint pour laisser progressivement la place à une autre, c’est une fin qui se superpose à un début. A un nouveau début. C’est comme si elle n’avait pas la même tonalité mais elle a la même saveur. Elle est toujours aussi belle.

Godspeed - site.

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Audio

Quelques morceaux et une vidéo sont à télécharger sur leur site officiel. Voir aussi : LastFM.

 

Web

-) Site officiel.
-) Myspace.
-) Transdreamer.